Michael Carrick : retour à l’ADN Ferguson
Arrivé à la tête de Manchester United après le limogeage de Ruben Amorim, Michael Carrick connait un début de rêve. L’ancien joueur a déjà changé l’équipe.
Manchester United a tourné la page Ruben Amorim. Le Portugais, arrivé le 11 novembre 2024, a été licencié le 6 janvier dernier après un partage à Leeds United. Cette saison, plus que ses résultats, Man U étant dans le haut du classement, c’est le niveau de jeu qui aura convaincu les dirigeants de s’en séparer. Après 63 matchs à la tête de Manchester United et un bilan de 1,43 points pris par match, Amorim s’en est allé.
Pour le remplacer, les Mancuniens ont fait appel à un ancien joueur de la maison jusqu’en fin de saison : Michael Carrick. Avec 464 matchs disputés entre 2006 et 2018, le médian était devenu un des visages du Manchester de l’époque. Une véritable légende du club.
Son retour à la tête de l’équipe se déroule pour le moment très bien. Après trois matchs dirigés, contre Manchester City, Arsenal et Fulham, le bilan est de neuf sur neuf. Un beau tour de force quand on voit les adversaires affrontés et qui permet à Manchester United de remonter à la 4e position avec 41 unités. À titre de comparaison, Amorim n’avait réalisé pareil exploit qu’à une seule reprise… après 36 matchs.
De quoi avancer avec confiance vers le match de ce week-end contre le Tottenham de l’entraîneur danois Thomas Frank (14e avec 29 points). Mais comment expliquer qu’en si peu de temps, Carrick a déjà su imprimer sa griffe à l’équipe ?
Faire l’inverse d’Amorim
L’une des forces de Carrick, c’est qu’il connait parfaitement l’institution Manchester United. Après une décennie passée au club, la philosophie qui a fait la force de l’équipe sous Sir Alex Ferguson n’a aucun secret pour lui. Et c’est justement ce qu’il a rapidement installé dans l’équipe.
Le football de Man U n’a jamais été le plus sorcier du monde : un jeu offensif, direct, de l’intensité et du pressing. Quand Carrick jouait, Manchester United cherchait à étouffer ses adversaires. Pas de système tactique compliqué, pas d’animation élaborée. Une simplicité qui avait le mérite d’être claire pour les joueurs et qui pouvait exploiter au mieux leurs qualités. Chose que n’avait pas comprise Ruben Amorim. Aujourd’hui, les joueurs donnent l’impression de comprendre ce qu’on leur demande, et de savoir comment le faire.
Les bons hommes aux bonnes places
En dix-huit mois à la tête de Manchester United, Ruben Amorim aura aussi eu le loisir de se mettre plusieurs joueurs à dos, de mettre au placard certains talents ou de se passer de joueurs qui incarnent bien l’esprit mancunien, quand il n’alignait pas des joueurs à des postes pour lesquels ils n’étaient pas à l’aise. Parce qu’ils ne rentraient pas dans le moule qu’il essayait de mettre en place. Amorim ne s’adaptait pas aux joueurs qu’il avait à disposition, il cherchait l’inverse.
Carrick n’a pas hésité une seconde à relancer et à faire confiance à plusieurs de ces hommes meurtris par le Portugais : Kobee Mainoo, Harry Maguire ou encore Bryan Mbeumo. Des hommes qui, ces dernières semaines, semblent revivre. Hasard ? Pas vraiment. Quand vous mettez les bons hommes aux bonnes places et que vous leur insufflez de la confiance, le talent fait le reste.
En abandonnant la défense à trois pour laquelle Amorim s’obstinait pour revenir à une ligne arrière composée de quatre hommes, Carrick a aussi ramené la stabilité défensive qui faisait défaut à Manchester United. Avec des bases plus solides, les hommes devant ont plus de loisir pour s’exprimer et faire la différence.
Rêve européen
Privé de compétitions européennes cette saison, Michael Carrick a ramené de l’ambition à Manchester United. Désormais quatrième en Premier League, les Red Devils envisagent un avenir plus lumineux. Car plus que de simples victoires, Carrick a amené une vision différente qui peut s’inscrire dans la durée. Il lui reste 14 matchs pour aller chercher cette qualification en Champions League et remettre Man U à sa vraie place.




