Manchester United ne mettra plus 7-1 à la Roma : 20 ans plus tard, le géant s’est endormi
Michael Carrick s’en rappelle certainement comme si c’était hier. L’entraîneur de Manchester United a marqué 24 buts en 464 matchs pour les Red Devils, mais n’a signé qu’un seul doublé dans sa carrière de joueur : c’était le 10 avril 2007, en Ligue des Champions… face à l’AS Rome, que Manchester affronte ce mardi dans cette même compétition.
Et Carrick n’est pas le seul à se souvenir de cette victoire : ce jour-là, Manchester United avait écrasé la Roma sur un score de 7 buts à 1, soit toujours la deuxième plus grosse défaite de la Louve en Champions League derrière un 8-0 pris contre Ferencvaros à une époque antédiluvienne (1935).
Battus 2-1 à Rome, les Red Devils devaient réagir et l’ont fait avec la manière… emmenés par Michael Carrick, premier à faire sauter le verrou italien dès la 11e minute. Dix minutes plus tard, c’est 3-0 et le match est plié.
Nostalgie de l’âge d’or
Les supporters de Manchester United, eux, soupireront probablement de nostalgie en redécouvrant le onze de base mancunien ce 10 avril 2007. Van der Sar, O’Seah, Ferdinand, Brown, Heinze, Carrick, Fletcher, Cristiano Ronaldo, Giggs, Smith et Rooney : la majorité de ces noms est entrée dans la légende du club. Un club qui allait être sacré champion d’Angleterre un mois plus tard, avant de remporter la Ligue des Champions en 2007-2008.
Manchester United faisait partie des mastodontes du football européen à l’époque, avec un Wayne Rooney au sommet de son art et un Cristiano Ronaldo en route vers son premier Ballon d’Or, remporté en 2008. Ce n’était pas encore vraiment le début de la fin. Manchester United a encore remporté le titre de champion d’Angleterre en 2011 et en 2013, année du départ de Sir Alex Ferguson.
Une époque révolue pour Manchester United
Mais depuis, et malgré une période de résurgence sous José Mourinho, le Portugais allant chercher l’Europa League en 2017, c’est indéniable : le géant mancunien s’est endormi. Sous Sir Alex, United avait une identité de jeu claire : de l’impact, de la verticalité, de l’intensité et des stars auxquelles les supporters s’attachaient.
Nous avons mentionné Carrick et ses 464 matchs pour Manchester United ; Ryan Giggs en a disputé 963, Wayne Rooney 559, Rio Ferdinand 455, Darren Fletcher 342, et même des joueurs considérés comme des « porteurs d’eau » plutôt que des génies, comme Wes Brown et John O’Shea, ont largement dépassé les 300 matchs sous le maillot mancunien (361 et 393 respectivement).
La fin d’une époque en Europe
Une époque révolue, pas seulement à Old Trafford mais dans l’intégralité du football européen. On a cependant l’impression que le nombre de « patrons », à ManU, le tout sous la houlette d’un Ferguson resté aux commandes pendant 27 ans, était sans commune mesure avec les autres clubs. C’est ce qui a permis des années de domination une fois la machine en place, dès les années 90 ; mais c’est peut-être ce qui, une fois cet ensemble désolidarisé, coûte si cher à United dans le football actuel.
Depuis le départ de Sir Alex, Michael Carrick, qui avait brièvement joué le rôle d’intérimaire en 2021, est devenu le 8e entraîneur principal des Red Devils. Dans le même temps, chacun ou presque des rivaux de Manchester a connu son « ère » : les ères Pellegrini et Guardiola à Manchester City, l’ère Klopp à Liverpool, l’ère Arteta – toujours en cours – à Arsenal. Ce qui avait pu faire la force de Manchester United a fait celle de la concurrence dans la dernière décennie.
Une situation actuelle inquiétante pour Manchester United
Et si ce constat était déjà valide il y a quelques années, il est maintenant accompagné d’une situation sportive qui n’est plus seulement décevante. Elle devient en effet carrément inquiétante : le club aux 20 titres de champion d’Angleterre est actuellement 17e de Premier League, juste au-dessus de la zone rouge. Autant dire que pour Senne Lammens, Bryan Mbeumo, Bruno Fernandes et leurs équipiers, la Ligue des Champions n’est peut-être même pas vraiment une priorité.




