UFC 327 : qui de Prochazka ou Ulberg s’emparera de la couronne d’Alex Pereira ?
Ce week-end, dans la nuit de samedi à dimanche, l’un des titres les plus convoités de l’UFC sera à nouveau en jeu lors de l’UFC 327 : celui des poids lourd-légers (light-heavyweight), une catégorie de haut niveau au sein des sports de combat. Longtemps propriété incontestée de Jon Jones, la ceinture light-heavyweight avait ensuite traversé une zone de turbulences et était passée de main en main, jusqu’à l’arrivée d’un certain Alex Pereira.
Après avoir conquis le titre en middleweight, « Poatan » était monté de catégorie pour continuer son oeuvre de démolition. Prenant la ceinture laissée vacante par Jamahal Hill, Alex Pereira la défendra ensuite 3 fois, la perdra contre Magomed Ankalaev avant de venger sa défaite, puis de s’en aller à son tour. Pereira chasse la légende : il combattra pour une troisième ceinture, celle des poids-lourds (ce serait une première), à l’UFC White House le 4 juillet prochain. En son absence, ce sont donc Jiri Prochazka, ancien champion et rival de Pereira, et Carlos Ulberg qui se disputeront son trône.
Jiri Prochazka, le samouraï du chaos
Huit combats à l’UFC : six bonus de Performance de la soirée, trois Combats de la soirée, un combat de l’année 2022 promis au Hall Of Fame de l’UFC. Voilà le bilan de Jiri Prochazka depuis son arrivée au sein de l’organisation, en 2020. Il arrivait alors en tant que champion du Rizin et avait déjà la réputation d’être un finisseur de génie : sur ses 26 victoires avant l’UFC, une seule avait été à la décision.
Depuis ? Aucun de ses combats à l’UFC n’a été à son terme. Jiri Prochazka finit ou se fait finir, et à part Alex Pereira par deux fois, personne n’a été capable de l’arrêter. Un rappel de la puissance de frappe du Brésilien… et de la tâche insurmontable qui attend Carlos Ulberg.
Une célèbre phrase de Mike Tyson dit que « tout le monde a un plan jusqu’à ce qu’il se fasse frapper au visage » – une façon de dire que toutes les approches tactiques passaient à la trappe une fois que ses adversaires sentaient sa puissance de frappe. Jiri Prochazka renverse cette maxime : il n’a pas de plan, jusqu’à ce qu’il se fasse frapper au visage. Le Tchèque se fait toucher énormément de fois durant ses combats, mais paraît s’en nourrir pour, au fil des rounds, submerger un adversaire qui a dépensé toute son énergie à frapper en vain.
Ce style de combat, inévitablement spectaculaire, l’a rendu très populaire auprès des fans de MMA. Jiri Prochazka n’a jamais disputé un combat ennuyeux : il paraît presque mettre le spectacle et la violence avant la victoire, incapable par exemple d’envisager une autre approche contre un Alex Pereira bien trop puissant pour lui. Mais à seulement 33 ans et avec déjà près de 40 combats professionnels (32-5-1), on se demande combien de temps Prochazka pourra prendre autant de dommages ; dans une division où les combattants approchent parfois de la quarantaine, il risque de ne pas avoir la même longévité.
La personnalité de Prochazka, qui se réclame du « bushido » (le code des samouraïs), s’entraîne dans une cabane entre ses combats et multiplie les déclarations décalées au micro, en a également fait une véritable star. Face à Carlos Ulberg, il sera le favori des bookmakers et du public, sans surprise.
Carlos Ulberg peut-il créer la sensation ?
Carlos Ulberg est un candidat au titre surprenant… qui ne devrait pourtant pas l’être. Avec ses 10 victoires d’affilée, il est plus que légitime, et pourtant n’a jamais véritablement crevé l’écran : la faute à un style assez « attentiste ». Le Néo-Zélandais est là pour la victoire avant le show, presque à l’opposé de son adversaire. Ses victoires prudentes contre Jan Blachowicz et Volkan Özdemir à la décision lui ont permis de grimper au classement mais certainement pas à l’applaudimètre.
Et si c’était ce style, couplé tout de même à une capacité évidente pour profiter des erreurs adverses comme en témoignent ses 8 victoires par K.O sur 13, qui en faisait un adversaire dangereux pour Prochazka ? Ulberg ne se laissera pas entraîner dans la folie que l’ex-champion tentera d’installer. Il attendra son moment et tentera de le saisir, mais si ce moment ne vient pas, il se contentera de gagner des rounds – ce que tout le monde fait face à Prochazka. Jiri Prochazka est réputé pour « perdre des combats jusqu’à ce qu’il les gagne » : le défi est d’ariver à la décision face à lui, ce que personne à l’UFC n’est parvenu à faire. Ce sera l’une des principales voies vers la victoire pour Carlos Ulberg.
Cotes et paris sportifs UFC 327
Assez étonnamment, les cotes sont serrées pour ce combat : Jiri Prochazka est favori (1,7) mais la cote de Carlos Ulberg reste assez basse (1,95). Une preuve que les analystes peinent à prédire quel visage montrera l’ancien champion, dont le dernier combat face à Khalil Rountree Jr a pu en inquiéter certains : sans son incroyable K.O en fin de troisième round, Prochazka se serait incliné à la décision. Mais Ulberg n’a jamais affronté d’opposition aussi imprévisible ; jusqu’au bout du dernier round, il risquera le K.O. Un véritable régal pour le public, c’est ce que promet ce match pour le titre light-heavyweight !




