Alex Baena, l’un des tauliers sous-estimés de la Roja
A 24 ans, l’ailier gauche de l’Atletico Madrid a su se faire une place dans le onze de base de Luis de la Fuente. Déjà sacré champion d’Europe il y a deux ans, il rêve d’enchaîner avec un sacre mondial qui aurait encore plus de saveur…
Il n’a ni la flamboyance d’un Lamine Yamal, ni l’assurance d’un Rodri. Il n’empêche : à 24 ans, Alex Baena semble être enfin devenu l’un des piliers de la Roja, qui semble monter en puissance au fil des tours, comme elle l’a encore prouvé avec fracas face à la France en demi-finale. Déjà sacré champion d’Europe en Angleterre il y a deux ans mais aussi vainqueur de l’Europa League en 2021 avec Villarreal et champion olympique à Paris en 2024, l’ailier gauche de l’Atletico Madrid (46 matchs pour seulement 2 buts et 3 assists cette saison…) ne compte pourtant que 23 sélections à son compteur.
Il y a deux ans, il avait découvert l’Euro dans la peau d’un joker de luxe. Barré à l’époque par un Nico Williams stratosphérique, Baena n’avait pu disputer que deux bouts de matchs en poules, face à l’Italie (19’) puis à l’Albanie (6’) avant de disparaitre des radars pour la suite de la compétition.
Une saison pas exceptionnelle à l’Atletico
Revenu à des contingences plus terre-à-terre en Liga, Alex Baena a poursuivi son petit bout de chemin à Villarreal avant d’être recruté, à l’été 2025, par l’Atletico Madrid contre une somme de 42 millions d’euros.
Là-bas, sous les ordres de Diego Simeone et aux côtés, notamment de son fils Giuliano qu’il retrouvera en finale dimanche au même titre que Julian Alvarez, Alex Baena a encore musclé son jeu. S’il s’est montré moins efficace en zone de conclusion et qu’il estimé lui-même avoir livré une saison 2025-26 « qui n’a pas totalement répondu à mes attentes » malgré une présence en demi-finale de Ligue des champions, il a en revanche encore renforcé son caractère. « Non, je n’ai pas forcément prêté attention aux forces de la France, expliquait-il avant la demi-finale, sûr de son fait. Nous sommes les champions d’Europe et il est logique que tout le monde veuille nous battre. Mais nous connaissons parfaitement nos forces et comptons bien les utiliser pour aller au bout. »
Snobé en début de tournoi, il sait se mettre au service du collectif
Cette confiance en soi, que certains pourraient considérer comme de l’arrogance, Alex Baena s’en sert comme d’un formidable adjuvant moral. S’il n’est ni le joueur le plus talentueux ni le plus « bling-bling » de l’équipe, il sait se mettre au service de l’équipe grâce à un gros volume de jeu et à une technique au-dessus de la moyenne.
Lors de la présente Coupe du monde, le natif de Roquetas de Mar, en Andalousie, n’a pas disputé la moindre minute lors du premier match face au Cap-Vert, qui s’était terminé sur un partage vierge aussi étonnant que… bienvenu pour lui. Barré par Gavi, le garçon a su convaincre Luis de la Fuente de lui offrir une vraie chance lors du match suivant, remporté avec la manière face à l’Arabie saoudite (4-0). Depuis lors, s’il a toujours été remplacé en cours de match, il a entamé chacun des six matchs qui sont suivi.
Il a disputé jusqu’ici un total de 412 minutes, soit 69 minutes par match, en moyenne. Buteur décisif face à l’Uruguay (1-0), il a également offert un assist à Pedro Porro lors du succès contre l’Autriche (3-0) en 1/16es de finale.
De la Fuente : l’architecte à l’origine du succès de Alex Baena
Cette montée en puissante, Alex Baena la doit aussi en (grande) partie à la confiance placée en lui par son sélectionneur. Luis de la Fuente, on le sait, est un bâtisseur, Un entraîneur humain qui a su polir quantité de diamants bruts pour leur permettre de mieux briller au cœur d’un collectif solide.
Quand il a affirmé après la victoire en demi-finale que « la meilleure équipe l’a emporté face à l’une des meilleures sélections du monde », il a – notamment – pensé à Baena, dont la sélection parmi les 26 joueurs espagnols a été sujette à critique en amont. Mais avant de retrouver chez les A, les deux hommes s’étaient régulièrement côtoyés au sein de la ‘Rojita’ (l’équipe espoirs), quand ils avaient notamment atteint la finale de l’Euro 2023 (défaite face à l’Angleterre). « Je connais Alex depuis longtemps et je sais qu’il peut être important pour une équipe et se sublimer dans les grands rendez-vous », a-t-il expliqué en conférence de presse.
Ce dimanche, face à l’Argentine, Alex Baena jouera le match le plus important de sa carrière. Avec l’envie irrépressible de marquer l’histoire de son pays. Et de prouver qu’il est bien, à seulement 24 ans, devenu essentiel au cœur de cette flamboyante Roja…




