Ce que Zidane veut changer par rapport à l’ère Deschamps

Le nouveau sélectionneur français souhaite amener un vent nouveau à la tête des Bleus. Après cinq ans de mise en retrait volontaire pour assouvir ce rêve de longue date, Zizou n’a pas hésité à renouveler certains cadres. Et à changer certaines habitudes.

Pour succéder à Didier Deschamps, présent à la tête de l’équipe de France durant 14 ans (!), qui d’autre que lui ? Qui d’autre que sa Majesté Zinédine Zidane, icône absolue du football français et mondial ? Champion du monde en 1998 et champion d’Europe deux ans plus tard, ZZ peut remplacer DD sans crainte de souffrir du syndrome de l’imposteur. Car même s’il a obtenu de beaux succès à la tête des Bleus, Deschamps semblait y avoir fait son temps. Comme si son bolide de course bleu flashy avait perdu de son éclat à l’épreuve de l’usure du temps et de la perte de son pouvoir.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le président de la Fédération Française de Football (FFF), Philippe Diallo, a évoqué le fait qu’avec Zidane, « il y a une véritable volonté de rupture, de tourner la page par rapport à ce qui s’est écrit précédemment. » Et Diallo d’ajouter encore plus loin que même si la France a connu de belles périodes récemment, « Zidane est le plus à même à nous prolonger cet âge d’or. Et non seulement de permettre à l’équipe de France d’atteindre le dernier carré des grandes compétitions mais peut-être de gagner à nouveau des titres. »

Ses yeux depuis longtemps dans les Bleus

Depuis longtemps, ‘Zizou’ n’a jamais caché que son rêve ultime était de devenir un jour sélectionneur de la France. Il en avait ouvertement parlé en 2012, peu avant l’intronisation de Deschamps. Ce fils d’immigrés kabyles, né et ayant grandi dans les quartiers nord de Marseille, a réussi à embrasser une carrière exceptionnelle au cours de laquelle il a tout gagné. Comme joueur d’abord, puis en tant que coach du Real Madrid, club de légende qu’il a notamment conduit au gain de trois Ligue des champions consécutive.

Aujourd’hui âgé de 54 ans, Zinédine Zidane se sent prêt à relever le plus gros défi de sa carrière d’entraîneur. Cette décision, on peut affirmer qu’il ne l’a certainement pas prise sur un… coup de tête, lui qui avait quitté la scène internationale de triste manière lors de la finale perdue par la France face à l’Italie lors du Mondial 2006.

La Ligue des Nations pour première mission

Après cinq ans de mise en retrait volontaire durant laquelle il a, selon ses propres dires, refusé des « offres intéressantes », Zizou a officiellement entamé sa mission de sélectionneur en fin de semaine dernière, quand il a dévoilé sa toute première liste pour une succession de quatre matchs de Ligue des Nations. La France y débutera par deux déplacements en Turquie, ce vendredi, puis à Bruxelles, lundi prochain, avant de recevoir l’Italie puis la Belgique, les 2 et 5 octobre. Mais la question qui se pose, aujourd’hui, est de savoir ce que va réellement apporter Zidane à un groupe extrêmement talentueux à tous les étages. Quelle sera sa touche personnelle par rapport à son prédécesseur ?

Les Bleus : 5 néophytes aux dents longues

Zidane, en tout cas, a démontré qu’il ne craint pas le changement. Après un Mondial au cours duquel la France a déçu compte tenu de son incroyable potentiel, ZZ n’a repris que 23 joueurs (et non plus 26) avec tout de même 5 néophytes aux dents longues: Guillaume Restes (Toulouse), Andy Diouf (Inter Milan), Jérémy Jacquet (Liverpool), Lucas Da Cunha (Côme) et Estéban Lepaul (Rennes). Le premier ayant dû déclarer forfait, il en rappelé un autre gardien que l’on connait bien en Belgique, à savoir Jean Butez,le portier de Côme passé autrefois par Mouscron puis l’Antwerp. Soucieux d’apporter un peu de sang frais dans l’équipe, le sélectionneur a en revanche choisi de se passer de services d’anciens cadres comme N’golo Kanté, Lucas Hernandez ou encore Lucas Digne.

Zidane veut un football dominant

Avec quelle ambition ? Celle d’imposer sa griffe à son équipe via un football de mouvement, davantage porté vers l’avant. Alors que Deschamps proposait un système solide basé sur un bloc bas, son successeur souhaite « une équipe qui joue, qui décide de prendre le jeu à son compte ». De même, il s’implique davantage dans la gestion quotidienne des entraînements, semble plus ouvert avec les médias – même s’il faudra confirmer en cas de mini-crise -, veut faciliter la gestion des blessures ou encore éviter que se poursuive le défilé de mode ridicule que ses joueurs avaient instauré à leur arrivée à Clairefontaine. Le reste, on le verra à l’autopsie, en fonction des résultats à long terme de son équipe, bien sûr.

Et les Belges, qui auront l’honneur d’affronter les Bleus à deux reprises ne seulement 7 jours, seront placés aux premières loges pour ressentir le vent nouveau qui ne manquera pas de souffler sur une sélection exceptionnelle, mais en reconstruction.

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