Roberto Mancini en Italie : un « retour vers le futur » pour sauver la Nazionale ?

Pour la troisième fois depuis 2018, l’Italie a suivi la Coupe du Monde à la télévision. Pour son entrée en lice en Nations League face à la Belgique, la Squadra Azzurra intrigue. Entre le retour de Roberto Mancini à la tête de la sélection italienne et les nombreux soubresauts en coulisses, la Nazionale amorce sa révolution sur des sables mouvants. Analyse.

Pour la première fois de son histoire, l’Italie aborde le duel face à la Belgique dans la peau de… l’outsider. Il faut dire que l’élimination face à la Bosnie-Herzégovine de mars dernier, en barrages de Coupe du Monde, a laissé des traces. Face à ce nouvel échec, Gennaro Gattuso a quitté son poste.

Roberto Mancini plutôt que Guardiola ou Pirlo

Soutenu par Claudio Ranieri, nommé directeur technique de l’Italie, c’est Roberto Mancini, déjà sélectionneur de la Nazionale entre 2018 et 2023, qui a été appelé à succéder à Gattuso. Un choix par défaut, après l’échec des négociations avec Pep Guardiola (ex-Manchester City), la piste controversée menant à Andrea Pirlo et la démission de Paolo Maldini, quelques jours à peine après sa nomination en tant que directeur technique de la fédération italienne.

Roberto Mancini représente un choix rempli de paradoxes. Non seulement le sélectionneur a rendu ses lettres de noblesse à l’Italie en remportant l’Euro 2020, mais il a également abandonné le navire en 2023 pour rejoindre l’Arabie saoudite après la lamentable élimination de la Nazionale face à la Macédoine du Nord. Un revers qui a coûté la participation au Mondial 2022 aux Azzurri.

Le retour d’un « traître »

En Italie, le retour de Roberto Mancini n’a pas été vu d’un très bon œil par les tifosi. Pour beaucoup de supporters transalpins, l’entraîneur est considéré comme un traître, coupable d’avoir préféré les riyals saoudiens plutôt que d’assumer sa mission à la tête d’une sélection nationale en crise.

En juillet, lors de sa seconde nomination, Mancini est revenu sur cet épisode : « J’en suis vraiment désolé. Le maillot de l’équipe nationale a toujours été très important pour moi. C’est comme perdre la femme de sa vie. J’ai commis des erreurs. Je regrette ce qui s’est passé, mais le destin m’offre une chance de me racheter. Je vais essayer de mener l’équipe nationale là où elle mérite d’être. »

Les chantiers de la Squadra Azzurra

Le chantier s’annonce titanesque. Parce que le problème est plus important que le simple choix d’entraîneur. Entre les difficultés de gouvernance, les réformes qui peinent à aboutir, la fragilité économique et des infrastructures à la traîne, le football italien reste à quai.

Le cœur du débat reste la formation des jeunes footballeurs italiens. Si les Azzurri empilent les trophées et les beaux parcours chez les jeunes, rares sont ceux qui passent du statut d’espoir à celui de titulaire au plus haut niveau. À titre de comparaison, Lamine Yamal n’a pas eu à s’éterniser en équipe nationale de jeunes avant de briller avec l’Espagne.

Vivier élargi et binationaux

Pourtant, le talent italien existe encore. Pour sa première sélection, Roberto Mancini a choisi d’élargir son vivier. En plus de Massimo Pessina (Bologne), Danieli Gualdi (Rome), Alessandro Romano (Cagliari), Sebastiano Esposito (Sassuolo) et Antonio Vergara (Naples), le néo-sélectionneur s’est même orienté vers les binationaux Michael Kayode (Brentford), Eddie Koudou (Monza), Issa Doumbia (Sporting CP) et Mohamed Ali Zoma (Nuremberg).

Cela sera-t-il suffisant pour s’illustrer dans le groupe A de la Nations League, aux côtés de la Belgique, de la France et de la Turquie ? Peut-être pas. Mais l’ancien entraîneur de l’Inter Milan le sait : les échéances les plus importantes se situent à l’Euro 2028 et, surtout, au Mondial 2030.

« Jouer contre l’Italie n’est jamais facile »

Le vrai défi de Roberto Mancini n’est pas de recréer l’Italie victorieuse de 2006 ni de copier celle qui a été sacrée en 2021, mais de servir de trait d’union entre un passé glorieux et un futur ambitieux : « Même si nous affrontons certaines des meilleures équipes du monde, il faudra leur rappeler qu’ils jouent toujours contre l’Italie, ce qui n’est jamais facile », conclut-il.

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