Déjà 8 buts en Liga, mais qui est donc Zabiri, l’attaquant du Racing Santander ?
Prêté par Rennes, où il n’a quasiment pas joué, Yassir Zabiri est la révélation du début de saison en LaLiga. À 21 ans, l’attaquant marocain a déjà trouvé huit fois le chemin des filets avec le promu Racing Santander.
Huit buts en onze journées, soit un toutes les 89 minutes environ : à Santander, le nom de Yassir Zabiri est sur toutes les lèvres et résonne comme la révélation du début de saison. Le Racing, de retour en première division après quatorze ans d’absence, lui doit une bonne partie de son début de saison (16e avec 11 points après 11 journées). Rien ne laissait pourtant présager une telle explosion : remplaçant lors des deux premières journées (47 minutes cumulées), l’attaquant a été titularisé pour la première fois à la troisième. Résultat, un triplé en 21 minutes face à Elche (3-2) et la première victoire du Racing dans l’élite depuis 2012. Suivront un doublé contre Alavés (2-1), un but à Barcelone malgré la lourde défaite (7-2), un autre contre Valence (2-2) et, le 24 octobre, la réalisation de la 84e minute qui a fait tomber l’Espanyol (2-1).
Les chiffres confirment l’impression : après huit journées, il comptait sept buts pour seulement 3,3 buts attendus, preuve d’une finition hors norme. Joueur du mois d’août du Racing, meilleur U23 de septembre en Liga, il est même comparé à Lamine Yamal et Kylian Mbappé. Dimanche, face au Real Madrid (0-3), il est resté muet en 61 minutes et le Racing est retombé sur terre. Son entraîneur, José Alberto López, dit prendre plaisir à le coacher et lui prédit une trace durable dans le football espagnol. Zabiri, lui, reste à deux buts de l’objectif de dix qu’il s’était fixé à son arrivée.
Zabiri, un attaquant de mouvement, taillé pour le collectif
Gaucher, Zabiri n’est pas un avant-centre de surface classique. Sa mobilité, sa vitesse dans l’espace et ses déplacements entre les lignes en font un joueur à l’aise dans un jeu de combinaisons. Le directeur sportif du Racing, Chema Aragón, le décrit comme un garçon vif et intelligent, capable d’attaquer les espaces, de finir et de presser. Il sait aussi frapper sur coup franc, comme en finale du Mondial U20. Zabiri, lui, cite Antoine Griezmann comme référence pour sa lecture du jeu.
Lors de sa présentation, il a expliqué son choix sans détour : « Je préfère le football d’ici, où je suis plus connecté à mes partenaires. » Séduit par un projet collectif fait de mouvements et de proximité, il a rapidement écarté les autres offres reçues au mercato, se disant « convaincu que les supporters découvriront progressivement [ses] qualités ». Pour lui, la question est presque géographique : « Mon style, c’était l’Espagne ou le Portugal. »
Rennes, une parenthèse vite refermée
Le contraste avec son passage en France est saisissant. Révélation du Mondial U20 2025, remporté par le Maroc avec un doublé en finale contre l’Argentine, cinq buts au total et le Ballon d’argent à la clé, Zabiri a quitté Famalicão, où il avait été recruté pour 600 000 euros en 2024, pour Rennes en février 2026, contre environ dix millions d’euros. Au Portugal, il avait déjà fait parler la poudre : quatre buts en huit matchs de championnat, six en quatre rencontres avec les U23. L’étape bretonne a pourtant tourné court : six apparitions, 42 minutes au total, aucun but. Ses débuts à Auxerre se sont résumés aux douze dernières minutes d’un match que Rennes menait déjà 3-0.
Il s’en est expliqué sans accabler son club : en Ligue 1, dit-il, il y avait beaucoup de duels, peu de jeu collectif et une recherche constante de la profondeur, ce qui ne correspondait pas à ses qualités. Le prêt à Santander, jusqu’au 30 juin 2027, a tout changé : 714 minutes jouées, huit buts. À Rennes, la moyenne était de sept minutes par apparition ; à Santander, elle dépasse l’heure. Reste à savoir ce que Rennes fera, l’été prochain, d’un joueur qui n’est plus le même.




