Diables Rouges : Mark van Bommel a trouvé la recette… mais certains ingrédients font encore défaut
Le licenciement de Rudi Garcia avait un objectif déclaré : après que le Français ait rempli ses objectifs à court terme (Nations League et Coupe du Monde), il était temps pour son successeur de travailler sur le futur. Garcia lui-même le sous-entendait après l’élimination contre l’Espagne : il avait accompli sa tâche, à savoir offrir une « porte de sortie » digne de ce nom à la génération dorée des Diables Rouges, et son successeur allait maintenant pouvoir construire sur le long terme.
Mark van Bommel n’a pas vraiment fait table rase
Restait à savoir si Mark van Bommel allait, lui, opter pour la rupture et un nouveau départ. La « pause carrière » de Thibaut Courtois, les retraites internationales d’Axel Witsel et Matz Sels et l’absence de Thomas Meunier dans la sélection donnaient l’impression d’une volonté de rajeunissement. Van Bommel a également décidé de faire appel à Roméo Lavia et Mika Godts, snobés par son prédéceesseur.
Kyriani Sabbe, Malick Fofana, Mandela Keita, et bien sûr les autres jeunes déjà présents à la Coupe du Monde mais pas forcément encore au centre du projet pouvaient aussi espérer recevoir leur chance. Et après 4 rencontres, force est de constater que Mark van Bommel n’a pas vraiment fait table rase du passé.
Entre les perches, bien sûr, il a eu la main forcée, mais personne ne doute que Courtois reviendra dès 2027. Devant lui, Van Bommel a opté pour la continuité avec Nathan Ngoy, révélation du dernier Mondial, et surtout Brandon Mechele. Ce dernier était l’un des lieutenants de Rudi Garcia… qui avait aussi, précédemment, fait de Zeno Debast un titulaire indiscutable. Debast n’a pas reçu de temps de jeu durant cette trêve, pas plus que Koni De Winter pourtant titulaire dans un AC Milan invaincu cette saison. Sera-ce pour les matchs de novembre ?
Sur les flancs, il faut reconnaître au nouveau sélectionneur la confiance octroyée à Joaquin Seys, convaincant lors de sa montée en quart de finale. Maxim De Cuyper a perdu des points durant cette trêve. Mais côté droit, Timothy Castagne a disputé l’intégralité des quatre matchs et s’inscrit encore comme un indéboulonnable.
Roméo Lavia, la trouvaille… mais toujours De Bruyne en patron des Diables Rouges
Dans l’entrejeu, un seul joueur a vraiment paru à même de bousculer la hiérarchie déjà vue à la Coupe du Monde 2026 : Roméo Lavia. Le milieu de terrain de Chelsea n’avait pas les faveurs de Rudi Garcia. Enfin titulaire en Premier League, il a impressionné contre la France, surtout à Paris : s’il reste fit, il peut être l’un des nouveaux piliers de Mark van Bommel.
Pour le reste, on ne peut qu’être (agréablement) surpris de l’implication de Kevin De Bruyne, dont on attendait presque qu’il prenne sa retraite. Le milieu de terrain du Napoli a disputé ses meilleurs matchs en sélection depuis longtemps, et paraît donc bien là pour rester. Hans Vanaken, l’un des chouchous de Garcia, a reçu sa chance à Paris… et ne l’a pas saisie du tout.
Lukaku indispensable… s’il retrouve la forme
En plus de Lavia, un joueur est déjà le symbole de cette entame d’ère Van Bommel : Mika Godts. L’ailier du PSG avait été snobé par Rudi Garcia, décision la plus impopulaire du mandat de ce dernier – et on comprend désormais que c’était probablement une erreur. Godts a épaté, même s’il a un peu perdu de sa superbe au fil du rassemblement.
Mark van Bommel avait décidé de rajeunir les flancs en octroyant également beaucoup de crédit à Diego Moreira, qui a moins convaincu. Mais certains n’ont par contre pas du tout reçu leur chance, ou bien trop peu. Matias Fernandez-Pardo, Loïs Openda et Malick Fofana ont ainsi à peu près fait le nombre, ce qui interpelle surtout dans le cas des deux premiers vu l’absence de concurrence en pointe.
Romelu Lukaku a en effet rappelé son importance en étant titularisé dès que c’était possible par Mark van Bommel, après des prestations assez pâles de Charles De Ketelaere.
La solution « de fortune » de Garcia d’aligner ce dernier en pointe semble être devenue bon gré mal gré un plan A… tant que Lukaku n’a pas retrouvé la forme. À moins qu’en novembre, maintenant les Espoirs qualifiés, Lucas Stassin vienne enfin amener une réelle concurrence devant…
De l’intensité et du pressing… mais avec quel onze les Diables Rouges vont-ils jouer ?
Mark van Bommel a martelé un terme durant toute la trêve internationale : intensité. Et celle-ci se constatait comme une évidence, les Diables Rouges installant un pressing et un rythme assez performants… qui rappellent les débuts de l’ère Tedesco. Problème : le onze que dessine Mark van Bommel, avec des garçons comme Castagne, Tielemans, De Bruyne, Lukaku ou même un Lavia qui n’a pas 90 minutes dans les jambes, est incapable de tenir ce rythme tout un match.
Résultat : la Belgique a disputé d’excellentes premières périodes en Italie, contre la France puis à Paris avant, chaque fois, de craquer… sans que Mark van Bommel ne trouve la solution depuis le banc ou ne parvienne à équilibrer son équipe. C’était la grande qualité de Rudi Garcia. Le nouveau sélectionneur des Diables Rouges a peut-être trouvé la recette idéale pour obtenir des résultats : il lui reste cependant à bien choisir les ingrédients et à mieux assaisonner.




