Comment fonctionne le Football Video Support (FVS), cette alternative au VAR qui bouscule la Challenger Pro League ?
Cette saison, le Football Video Support (FVS) a fait son apparition en Challenger Pro League. Ce système expérimental, présenté comme une alternative au VAR, représente une aide à l’arbitrage en cas de situations ou de décisions litigieuses. Contrairement à l’arbitrage vidéo traditionnel, la décision de son utilisation ne vient pas des arbitres… mais des entraîneurs eux-mêmes.
Déjà présent en Italie et en Espagne
Si le FVS est nouveau en Belgique, la Challenger Pro League est loin d’être la seule compétition à utiliser le Football Video Support. Depuis août 2025, le système est fonctionnel en Italie et en Espagne. Il est en vigueur en troisième division masculine italienne (Serie C) et espagnole (Primera Federación), tout comme au premier échelon féminin espagnol (Liga F). À l’international, l’expérimentation du FVS s’est également matérialisée en Copa Paulista, ainsi qu’en Copa do Brasil Feminina. En outre, entre 2024 et 2025, la FIFA l’a testé au cours de différentes compétitions internationales de jeunes, tant masculines que féminines, en U17 et U20.
Concrètement, de quoi s’agit-il ? La RBFA décrit le Football Video Support comme « un dispositif permettant aux entraîneurs de disposer chacun de deux Review Challenges par match. En utilisant un Review Challenge, l’entraîneur (et seulement l’entraîneur) demande à l’arbitre principal de revoir une phase à l’aide des images de retransmission disponibles, sans qu’il y ait un arbitre vidéo. »
Une assistance vidéo à la demande
C’est bien là toute la différence avec le VAR. Aucun arbitre vidéo ne surveille le match en permanence. Le FVS s’apparente plutôt à une assistance vidéo à la demande. Chaque entraîneur bénéficie de deux challenges, présentés sous la forme d’une carte, pour demander à l’arbitre de revoir une action importante. Le referee consulte alors lui-même les images au bord du terrain. Si la décision est corrigée, le coach conserve son challenge. Si elle est confirmée par l’arbitre, il le perd.
Afin de limiter les interruptions inopinées et d’éventuels gains ou pertes de temps, seuls quatre types de décisions peuvent être contestés : un but (y compris pour une position de hors-jeu), un penalty, un carton rouge direct et un carton attribué à un mauvais joueur, qu’il soit jaune ou rouge.
FVS : une utilisation à bon escient
Au cours des quatre premières journées de Challenger Pro League, le Football Video Support a déjà été utilisé à plusieurs reprises. Dans le duel entre Virton et les Francs Borains, Yves Vanderhaeghe a ainsi contesté un penalty accordé aux Gaumais. « En voyant la situation, j’avais un doute quant à la décision prise par l’arbitre », a-t-il expliqué sur DAZN. « Le FVS est un outil que nous avons désormais entre les mains et qu’il faut être capable d’utiliser à bon escient. » Au final, pas de penalty… et une victoire des Francs Borains (0-1), co-leaders de Challenger Pro League.
Bien que le Football Video Support ait pour but de réduire la marge d’erreur des arbitres, certaines situations ont déjà démontré les limites du support. Il n’a, d’ailleurs, pas fallu attendre très longtemps. Dès la première journée de Challenger Pro League, l’utilisation du FVS durant le match entre Hasselt et Dender a fait couler beaucoup d’encre.
Les limites du Football Video Support
Le but de Siebe Van Keymolen, en faveur du Sporting Hasselt, a d’abord été annulé par l’arbitre… avant d’être validé grâce à l’appui du FVS. Dans la foulée, Dender pensait égaliser sur l’envoi d’Amine Daali, où le ballon a d’abord touché la barre transversale avant de franchir la ligne. Sauf que les images exploitées par le Football Video Support n’ont pas permis de déterminer avec certitude que le ballon avait effectivement et intégralement franchi la ligne. La décision de ne pas accorder le but a donc été maintenue, en dépit du challenge de Jonathan Alves, coach de Dender. À la suite de cette défaite, Dender a contesté publiquement la décision, expliquant que d’autres images dont disposait le club n’étaient pas utilisables par le FVS.
En cas de panne du FVS, la Pro League a également envisagé des solutions : « Comme en Jupiler Pro League, le match se poursuivra normalement en cas de panne technique. Si la connexion avec une ou plusieurs caméras est coupée, le match ne sera pas interrompu et le match se poursuivra avec les caméras restantes disponibles. Les reviews restent possibles grâce aux images des autres caméras. En cas de perte totale du signal, aucun challenge ne sera (temporairement) possible. Une panne technique n’a aucune incidence sur le résultat final du match. »
VAR ou FVS : la fin des erreurs, pas des débats
Une chose est sûre : comme pour le VAR, le FVS permet de corriger certaines erreurs… sans faire disparaître les débats. Au final, même avec un support vidéo, la dernière décision est entre les mains de l’arbitre.




