Italie : pourquoi le Como de Cesc Fabregas effraie-t-il autant la Serie A ?
Como incarne bien plus qu’une simple destination touristique. En moins de trois ans, le club de Como 1907 est devenu la nouvelle attraction du football italien. Promue en Serie A en 2024, l’équipe entraînée par Cesc Fabregas s’apprête à découvrir la Ligue des Champions. Avec 300 millions d’euros investis en 18 mois, la formation transalpine affirme plus que jamais ses ambitions.
Como, c’est une histoire un peu folle. Celle d’un club qui se prépare à célébrer son 120e anniversaire en 2027, mais qui a la particularité d’avoir connu deux faillites au cours de son histoire. Si les « Lariani » ont eu plusieurs vies, celle qu’ils vivent actuellement est de loin la plus exaltante. Depuis 2019 et le rachat de Como 1907 par la société britannique Sent Entertainment, le club ne cesse de surprendre. Au point de passer de la troisième division italienne à la Champions League en… six ans à peine.
Como, une simple histoire d’argent ?
L’ascension fulgurante de Côme n’est pas due au hasard. Derrière Sent Entertainment se cache en réalité la riche famille indonésienne Hartono, dont la fortune a permis au club de la cité lacustre de progressivement changer de dimension. Néanmoins, Como 1907 ne peut être réduit à une simple histoire d’argent.
Cesc Fabregas incarne le véritable visage du projet. Avant de devenir l’entraîneur à succès du club lombard, le champion du monde et double champion d’Europe espagnol a rejoint Côme pour y terminer sa carrière de joueur. Épanoui sur les rives du lac de Côme, l’ancien milieu de terrain d’Arsenal, de Barcelone ou encore de Chelsea a intégré le staff avant de prendre les commandes de l’équipe première.
Cesc Fabregas, l’homme clé du projet
Cesc Fabregas ne s’est pas contenté d’enfiler un costume. Il a aussi imposé ses idées. Sous sa direction, Como conserve le ballon, construit depuis l’arrière, prend des risques et cherche à dicter le rythme des rencontres. Un vent de fraîcheur et une philosophie audacieuse pour une Serie A parfois encore ancrée dans ses principes ancestraux. Il faut désormais l’admettre : l’équipe de Como 1907 s’est dotée d’une identité de jeu immédiatement reconnaissable.
Cette conviction se retrouve également dans le recrutement. Les dirigeants ne cherchent pas uniquement à attirer des noms ronflants sans compter. Certes, Como investit beaucoup. Mais le club investit surtout intelligemment, en misant sur des joueurs jeunes, techniques et possédant encore une importante marge de progression. Une stratégie qui permet aux Lombards de construire une équipe compétitive tout en conservant une logique de valorisation.
Nico Paz, Trevoh Chalobah et les autres
Nico Paz, arrivé contre 60 millions d’euros, symbolise à merveille cette politique. Arrivé très jeune en provenance du Real Madrid, le milieu offensif argentin s’est rapidement imposé comme l’un des visages de la nouvelle génération de Como.
Autour de lui, le club a multiplié les paris sur des profils internationaux capables de correspondre au football prôné par Cesc Fabregas. Kaiki Bruno, Luis Milla, Yan Couto et autres Andrés Cuenca sont autant de noms qui risquent de faire écho en Serie A.
Dernier fait d’armes sur le marché des transferts ? L’arrivée de Trevoh Chalobah, en provenance de Chelsea pour un montant avoisinant les 30 millions d’euros. Le deal pourrait même atteindre les 36 millions avec bonus. À 26 ans, le défenseur anglais formé à Chelsea sort d’une saison pleine, avec 47 matchs disputés. Un profil taillé pour Como.
Une réussite sur tous les terrains
La réussite de Como 1907 va au-delà des terrains. Le club a parfaitement compris comment exploiter son environnement. Difficile de trouver décor plus spectaculaire que celui du stade Giuseppe Sinigaglia, situé à quelques mètres du célèbre lac. Une carte postale devenue un véritable outil marketing, à l’image des différents maillots présentés par le club, largement appréciés par les suiveurs du football, qu’ils soient fans de Como ou non.
Mode, luxe, tourisme, collaborations avec de grandes marques : à l’instar d’Athènes Kallithéa, de Versailles ou de Venise, Como 1907 développe progressivement une identité qui dépasse le cadre du ballon rond. Là où certains clubs cherchent simplement à grandir sportivement, Côme ambitionne également de devenir une marque internationale.
Prochaine étape : remporter la Serie A
De quoi aussi agacer les puristes, qui voient en ce projet une nouvelle illustration d’un football de plus en plus tourné vers le business. Une chose est certaine : Como ne laisse plus personne indifférent. Pas même les clubs historiques de la Botte qui, petit à petit, se méfient de cet OVNI. « Ils disaient qu’aller en Ligue des Champions était impossible », a commenté le président Mirwan Suwarso, qui se met à rêver de soulever un jour le Scudetto.
Il y a encore quelques années, le club tentait simplement de retrouver sa place dans le football professionnel italien. Aujourd’hui, il recrute à coups de dizaines de millions, séduit de jeunes talents et s’apprête à se mesurer aux meilleures équipes européennes. Sur les rives du lac de Côme, la carte postale a bien changé.




