Orlando Gill, un dernier rempart paraguayen solide pour tenter de contrer les vagues offensives françaises

Excellent face à l’Allemagne, le portier de l’Albirroja, Orlando Gill, risque d’avoir beaucoup de boulot face aux Tricolores, samedi soir. Découverte d’un portier qui a éclos sur le tard, qui a vécu un drame personnel et suscite de l’intérêt du côté du FC Bruges.

 La Coupe du Monde parvient encore à nous offrir des histoires humaines à couper le souffle. Des moments de grâce qui propulsent un illustre inconnu sous les feux des projecteurs au gré d’un exploit ponctuel, lui offrant l’accès à ce fameux quart d’heure de gloire warholien que le sport de haut niveau aime à dépoussiérer des vieux cartons. L’histoire d’Orlando Gill est de celles qui méritent l’attention. Car le longiligne portier du club argentin de l’Atlético San Lorenzo (1m99), étonnamment né par le plus grand des hasards dans la ville de… San Lorenzo, au Paraguay cette fois, est devenu lundi passé le héros de tout un pays. Son pays : le Paraguay.

Coupe du Monde 2026 : Orlando Gill a dégouté l’Allemagne en 16es de finale

Face à une Allemagne assez brouillonne, Orlando Gill a connu un début de match tranquille jusqu’à l’égalisation de Kai Havertz (54e). Mais, par la suite, il eut une énorme intervention à effectuer devant le même joueur (78e) pour offrir à son pays la prolongation d’abord, la séance de tirs au but ensuite. Après avoir stoppé deux essais de… Havertz puis de Woltemade, il fut tout heureux de voir Tah manquer son essai, ce qui offrit à l’« Albirroja » une place en huitième de finale et la perspective d’y affronter un adversaire autrement plus costaud, la France.

On se souvient que lors de leur premier sacre mondial, en 1998, les Bleus avaient souffert au même stade face à ce même adversaire pour finalement s’imposer par le plus petit écart face au même adversaire, via un but en or signé Laurent Blanc à la 113e minute ! A l’époque, la star du Paraguay n’était autre que son gardien, José-Luis Chilavert, qui a émis des doutes quant à l’autorité d’Orlando Gill à l’entame du présent Coupe du Monde.

« Le gardien est celui qui voit les actions de face et, si je vois qu’on m’attaque beaucoup, je dois parler à ma défense pour pouvoir couvrir les espaces, a récemment déclaré l’homme aux 74 sélections et… 8 buts au sujet de son successeur. Et ce que je vois, c’est que le gamin ne parle pas, il joue ‘muet’ alors que le foot, c’est de la communication. »

Quatre buts encaissés face aux Etats-Unis pour une entrée en mode mineur

Il faut dire que Gill n’avait pas vraiment rassuré ses fans après la rencontre initiale face aux Etats-Unis (1-4). De quoi faire regretter au sélectionneur Gustavo Alfaro de lui avoir tardivement accordé sa préférence par rapport au vétéran Roberto Fernandez (38 ans) ? Pas vraiment puisque la suite fut nettement meilleure pour ce gardien au parcours particulier qui ne compte après tout que 10 sélections à son compteur. Et qui a notamment dû revendre tous ses maillots pour payer la guérison de son fils Lautaro, né en 2022.

Après avoir réussi à s’imposer 1-0 face à la Turquie (malgré… 32 tirs et une possession de balle de 80% pour les Turcs !) le Paraguay a partagé l’enjeu contre l’Australie avant d’écarter l’Allemagne. « La vérité, c’était un peu comme un film d’horreur, avec des Allemands qui arrivaient de tous les côtés, raconta-t-il après la rencontre. Je n’arrive à pas encore à croire ce que nous avons réussi. Je suis heureux aussi pour le peuple paraguayen, qui a toujours cru en nous. »

Inspiré par Valdes et Casillas, il veut devenir le cauchemar des Français

Face à l’impressionnante armada tricolore (Dembélé, Mbappé, Oliseh, Barcola, Doué et Cherki…), Orlando Gill risque d’avoir beaucoup de boulot à effectuer samedi soir. Mais il pourrait être l’un des rares éléments capables d’instiller le doute dans les esprits français. Devenu gardien un peu par hasard à l’âge de 13 ans, Orlando Gill a récemment, raconté s’être beaucoup inspiré de Victor Valdes et Iker Casillas, les portiers du Barça et du Real de l’époque où il était gamin. Mais il n’a connu la lumière que depuis son arrivée en janvier 2025 à San Lorenzo, l’ancien club de Chilavert, où il n’aurait dû être que réserviste à la base.

Le club argentin, qui avait espéré recruter le vétéran Kaylor Navas, n’eut d’autre choix que de lui donner les destinées de l’équipe quand le Costaricain déclina l’offre. Cette mission, que Gill accomplit avec autorité, lui permet aujourd’hui de rayonner au Mondial et de susciter pas mal d’intérêt, dont, parait-il, celui du FC Bruges. Mais aussi de rappeler au monde que si l’on croit en ses rêves, tout devient possible…

Articles similaires

Ørjan Nyland, l’ange gardien de cette séduisante Norvège 

Tim Ream, le papy US qui fait de la résistance

Dennis Eckert Ayensa, joker iranien par pure opportunité sportive

NOS RÉSEAUX

;