Ørjan Nyland, l’ange gardien de cette séduisante Norvège
Après avoir notamment arrêté un penalty en 8e de finale face au Brésil, le portier des Vikings, Ørjan Nyland, s’est érigé en héros national aux côtés des intouchables Erling Haaland et Martin Ødegaard. En quart de finale, face à l’Angleterre, ses arrêts pourraient être déterminants.
Compte tenu du pedigree de se stars, Erling Haaland et Martin Ødegaard en tête, certains observateurs du football avaient prévu un bon parcours des Norvégiens à la Coupe du monde. Mais de là à les voir rayonner comme ils le font actuellement, sur les terrains américains mais aussi en-dehors grâce à leurs supporters exceptionnels, il y avait tout de même de la marge. Cette marge, les hommes de Stale Solbakken l’ont franchie avec une certaine autorité, ces dernières semaines. Tout d’abord en sortant du ‘groupe de la mort’ après avoir battu l’Irak puis le Sénégal mais aussi avoir perdu contre une équipe de France trop forte. Petit constat, toutefois : son équipe étant déjà assurée d’être qualifiée, le sélectionneur avait choisi ce jour-là d’aligner une équipe hybride pour laisser les titulaires se reposer.
Le cynisme du cyborg Haaland, le Brésil dans les cordes
Bien lui en prit. Après avoir pris le meilleur sur la Côte d’Ivoire en 16es de finale (2-1), les Norvégiens ont fait plus fort encore en venant à bout le plus logiquement d’ailleurs du Brésil en 8es de finale, sur le même score (2-1). Ce soir-là, la Norvège a montré au monde entier ce dont elle était capable. Dominatrice en termes de possession de balle (66-34%), elle a tenté 14 tirs (pour 9 au Brésil…) mais elle en a cadré 5, inscrivant au passage deux buts venus de l’inévitable cyborg Haaland. Mais la Norvège a aussi montré qu’elle pouvait se faire violence quand cela s’avérait nécessaire. Au plus fort de la révolte auriverde, ses joueurs ont su laisser passer l’orage grâce notamment à la vigilance extrême d’un portier en état de grâce : Ørjan Nyland.
Ørjan Nyland, une prestation XXL idéale pour relancer sa carrière
A l’instar de ceux du Capverdien Vozinha ou du Paraguayen Orlando Gill, le nom d’Ørjan Nyland ne parle pas forcément aux amateurs de football. Mais la prestation XXL que ce dernier rempart a livrée face au Brésil l’a révélé au grand public. Et elle va sans doute lui ouvrir de nouvelles perspectives de carrière, lui qui est actuellement sans contrat après la fin de son expérience mi-figue mi-raisin au FC Séville (7 matchs cette saison).
Ayant stoppé quatre tentatives ‘auriverde’, dont un penalty de Bruno Guimaraes en début de match (13e) et une déviation de l’un de ses défenseurs qu’il a repoussée sur son poteau en fin de match (85e), Ørjan Nyland avait de quoi être heureux et fier à l’issue de la rencontre. « Nous avons écrit une page d’histoire, expliqua-t-il très entouré. Ce penalty arrêté a été déterminant parce qu’on savait qu’après cela, malgré les qualités du Brésil, il serait difficile de nous battre. J’espère surtout que beaucoup de jeunes enfants en Norvège pourront s’inspirer de ce moment lorsqu’ils iront jouer au football. Et qu’ils pourront rêver de se retrouver un jour dans la même position que moi et que nous tous. Parce que c’est possible, peu importe d’où l’on vient. »
Recruté par Ole-Gunnar Solkjaer, ballotté un peu partout en Europe
Sa carrière, ce grand gaillard d’1m92 l’a construite dans l’ombre, en multipliant les expériences, pas toujours convaincantes d’ailleurs, en Norvège, en Allemagne, en Angleterre et en Espagne. Originaire de Volda, une petite cité paisible bordée par le Voldsfjorden, le portier norvégien aurait pu briller au handball, sport extrêmement populaire dans les pays nordiques. Mais une fois qu’il a opté pour le football, sa carrière semblait toute tracée. Recruté par l’ancien Mancunien Ole-Gunnar Solskjaer alors qu’il avait contribué au gain de la Coupe nationale du modeste club de Hodd, il connut le succès avec cette ancienne légende à Molde. Après y avoir remporté trois trophées, il rallia le FC Ingolstadt, en Bundesliga, club avec lequel il connut notamment la relégation en D2 allemande.
S’en suivirent des expériences pas toujours réussies à Aston Villa – où il s’occasionna une rupture du tendon d’Achille – puis dans trois clubs de Championship (D2 anglaise) : Norwich City, Bournemouth et Reading. Passé ensuite durant une saison par Leipzig, il évoluait depuis trois ans à Séville avant de connaitre enfin son (quart d’) heure de gloire warholien à l’occasion de ce Mondial. « Face au Brésil, j’ai sans aucun doute livré mon meilleur match en tant que gardien », conclut-il. Et si ce n’était pas fini ? Les Anglais sont prévenus, en tout cas : l’ange gardien Ørjan Nyland veille…




