Après avoir frôlé la faillite, le RWDM peut-il déjà rêver d’un retour en Challenger Pro League ?

Le RWDM revient de loin, de très loin. Il y a quelques semaines encore, personne n’aurait évoqué la moindre ambition sportive au stade Edmond Machtens. Relégués administrativement de Challenger Pro League et abandonnés par John Textor, les Molenbeekois craignaient même pour leur survie. Aujourd’hui, après avoir frôlé la faillite, les Bruxellois trônent seuls en tête de la D1 FFA.

De la Challenger Pro League à la D1 FFA

À Molenbeek, les vacances estivales ont été jonchées d’inquiétudes. Privé de licence professionnelle, le RWDM a été rétrogradé administrativement de Challenger Pro League en D1 FFA. Un véritable coup dur pour une institution qui, plus de vingt ans après la disparition du matricule 47, a de nouveau approché du précipice.

Au printemps, l’air est même devenu irrespirable pour les sociétaires du stade Edmond Machtens. Le RWDM, alors contrôlé par Eagle Football et John Textor, ne parvenait pas à convaincre les instances. À la rétrogradation administrative s’ajoutaient ainsi une procédure de réorganisation judiciaire et une dette estimée à vingt millions d’euros. Pendant des semaines, le futur de Molenbeek s’est écrit en pointillés, faisant de l’avenir du RWDM la série de l’été. Jusqu’au mois d’août, moment choisi par Thierry Dailly pour reprendre les commandes de l’institution bruxelloise.

Thierry Dailly, sauveur du RWDM

Au RWDM, le nom de Thierry Dailly est iconique. En 2015, il avait porté la résurrection des quatre lettres magiques. Plus de dix ans plus tard, il a de nouveau volé au secours de son club de cœur. Un geste symbolique fort, qui ne règle évidemment pas tout. Thierry Dailly le reconnaît lui-même : « La situation est difficile et nous ne voulons faire aucune promesse irréaliste. Notre responsabilité est aujourd’hui de protéger le club, de le stabiliser et de reconstruire, étape par étape, un projet dont les supporters pourront à nouveau être fiers. »

Onze ans après avoir relancé le matricule molenbeekois et accompagné sa remontée progressive vers la Pro League, le président se retrouve de nouveau au chevet du club. Sur le papier, la page Eagle est refermée. Cependant, l’ère Textor a laissé de profondes plaies, qui ne disparaîtront pas d’un coup de baguette magique.

En tête de la D1 FFA avec Christ Bruno

En D1 FFA, la réponse des troupes de Christ Bruno est presque parfaite. Le RWDM est seul leader de la série. « On fait le job en restant calme », a commenté le coach, dans les colonnes de Sudinfo, après le sommet victorieux à Meux (0-1). « On arrive à souffrir en restant uni et sans faire d’erreur, et on a donné notre vie. C’est une grosse performance. Cela nous donne de la confiance. On a beaucoup de choses pour nous mais la vérité, c’est qu’on en a conscience. »

Forcément, le groupe actuel n’a plus le lustre des années passées dans le monde football professionnel… mais certains profils se distinguent. Le gardien et capitaine Théo Defourny incarne la solidité et l’expérience. Devant, Sada Diallo s’est déjà montré décisif, à l’image de son but à Meux. Redouan Belkaious, arrivé en fin de mercato, a lui aussi déjà trouvé le chemin des filets. Dans un effectif bouleversé, cette dynamique sportive contraste totalement avec le chaos estival.

Une concurrence accrue

Le RWD Molenbeek peut-il rêver d’une remontée express vers la Challenger Pro League ? Sur le terrain, les Molenbeekois ont prouvé que c’était possible. Toutefois, la concurrence est accrue : Mons, Rochefort, l’Olympic ou encore Tubize Braine, sans compter les équipes U23 et autres révélations de la saison, ne feront pas de cadeaux aux ex-pensionnaires de Jupiler Pro League. D’autant que la D1 FFA ne garantit qu’un seul montant vers l’échelon supérieur.

Au-delà de la pelouse, une autre condition est implacable : obtenir la licence. C’est sans doute sur ce terrain que se jouera l’autre grand match de la saison molenbeekoise. Sans garantie financière et administrative, la montée ne serait pas automatique. C’est tout le paradoxe de ce début de saison.

Les grands clubs ne meurent jamais

Menacé dans son existence il y a peu, Molenbeek regarde aujourd’hui à nouveau vers le haut. Thierry Dailly a rendu un visage et une direction au RWDM. Les supporters ont retrouvé une équipe à laquelle se raccrocher. Le groupe, quant à lui, répond présent au fil des semaines. Même si, du côté du Temple, personne n’oublie que les chiffres comptent. Le RWD Molenbeek n’est pas encore hors de danger : il est vivant, ambitieux, mais encore fragile. Au fond, après un été où tout a failli s’écrouler, être encore là, en vie, c’est déjà la première grande victoire.

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