Croky Cup : après avoir éliminé Gand, l’Union Rochefortoise rêve de Pro League
Rochefort a réalisé un exploit sans précédent. Pour la première fois de son histoire, l’Union Rochefortoise s’est qualifiée pour les huitièmes de finale de la Croky Cup en éliminant le KAA Gent. Au terme d’un match fou (3-3), le leader de Jupiler Pro League s’est incliné aux tirs au but. Aux confins de la Famenne, cette performance improbable est peut-être la première d’une longue série. Voici pourquoi.
D’un pied en P2 à l’élimination de La Gantoise
Huit ans avant de contraindre La Gantoise à la fatidique séance des tirs au but, Rochefort avait un pied en… deuxième provinciale. L’équipe, alors appelée Royal Jeunesse Rochefortoise, sauvait in extremis sa peau au sein de l’élite provinciale namuroise à l’issue de l’exercice 2017-2018. Depuis, le club du président Nicolas Lhoist ne cesse de gravir les échelons. Au point d’ambitionner la Pro League et un nouveau stade.
Si l’Union Rochefortoise apparaît comme le petit poucet rescapé de la troisième division parmi les formations qualifiées, exclusivement issues de Pro League, cette étiquette n’est pas tout à fait juste. Sportivement, l’équipe s’appuie sur des cadres ayant côtoyé le haut niveau : Nelson Azevedo (ex-Anderlecht), Arnaud Dony (ex-Union Saint-Gilloise), Karim Essikal (ex-Zulte Waregem), Guillaume Hubert (ex-Standard), Grégory Lazitch (ex-Charleroi) ou encore Thomas Vanhecke (ex-RAAL) sont autant d’éléments qui apportent une réelle plus-value à l’effectif dirigé par Jeffrey Rentmeister.
Un nouveau stade à Marche-en-Famenne
En coulisses, les Rochefortois travaillent pour atteindre, dans un futur proche, le monde professionnel. En ce sens, la direction a sorti de ses cartons un projet de nouveau stade. À l’étroit dans son infrastructure actuelle, enclavée en centre-ville et limitée à 2 000 spectateurs, le club a l’intention de migrer vers Marche-en-Famenne, en province de Luxembourg, où devrait être bâtie la Tero Arena. Une enceinte moderne de 8 000 places, dédiée non seulement au football, mais aussi aux loisirs. En plus d’un hôtel, l’infrastructure comprendra « du padel, de l’hyrox, un centre de kinésithérapie et d’ostéopathie, ainsi qu’un grand restaurant », a présenté Nicolas Lhoist dans les médias locaux.
L’arrivée potentielle de l’Union Rochefortoise en Pro League est-elle réaliste ? « À Rochefort, le Parc des Roches n’est pas homologué pour monter d’un échelon supérieur. La délocalisation vers Marche-en-Famenne s’est imposée naturellement : c’est le poumon économique de la région », indique le président. « Nous avons analysé la zone : le bassin de population est d’environ 80.000 habitants. Comparé à d’autres clubs comme Westerlo, Lokeren ou Courtrai, nous n’avons pas à rougir. »
Un club ancré à Rochefort
Ce prochain déménagement de la province de Namur vers la province de Luxembourg, sur une quinzaine de kilomètres, n’enlève rien à l’ancrage local de Rochefort qui, en plus de penser à son équipe première, veille à développer son académie. Ainsi, dès la saison prochaine, toutes les équipes de jeunes de l’Union Rochefortoise occuperont le nouveau centre de formation, construit sur le territoire rochefortois. Un chantier à quatre millions d’euros, permettant à l’institution de franchir une nouvelle étape dans sa professionnalisation.
Quant au président Nicolas Lhoist, il a longtemps été associé au Standard de Liège. En tant que supporter, mais pas seulement : « Le Standard restera le club de mon cœur. J’y suis allé un paquet d’années. Nous avons eu des contacts à plusieurs reprises. Nous sommes néanmoins une famille assez discrète et être dirigeant du Standard expose d’un point de vue médiatique », a détaillé à la RTBF Nicolas Lhoist, issu de l’une des familles les plus fortunées du pays. « La beauté du projet à Rochefort, c’est qu’on démarre de tout en bas. L’histoire est d’autant plus belle. »
Croky Cup, Pro League… mais surtout D1 FFA
En décembre, l’Union Rochefortoise accueillera Malines, une autre écurie de Jupiler Pro League, dans le cadre de la Croky Cup. Un duel comparable à une belle fête du football, pour lequel les billets devraient s’écouler comme des petits pains. Mais avant de se projeter en Coupe de Belgique, voire en Pro League, les Rochefortois ne doivent pas oublier le présent, en D1 FFA, où la concurrence s’annonce rude face à Mons, Molenbeek, Tubize ou encore l’Olympic.




